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Lingzi JI
"Les uns avec les autres"
Septembre 2021

Texte|Ambrine LAZREUG DIDIER

Pour cette résidence chez Tante Martine, l’artiste n’est pas venue seule. Elle s’est fait accompagner d’un ensemble de personnages miniatures, qu’elle a dispersé dans l’appartement. 

 

Dans la pièce attenante à la chambre, nous sommes accueillis par deux petites armées. Ces séries de sculptures sont faites en pâte de colle dans un même moule en céramique. On peut bien sûr y voir une réinterprétation poétique et fragile de l’emblématique Armée en terres cuites de Xi’an. Mais au-delà de cette référence, cette seconde installation figure une autre vision de ce que veut dire « être ensemble ». Tandis que « les uns avec les autres » représente des personnages qui s’animent et se rencontrent, ces armées symbolisent davantage les relations figées. Côte à côte, ces 578 petits hommes immobiles se voient mais ne se regardent pas. L’artiste a d’ailleurs fait le choix de ne pas dessiner leurs visages, ôtant ainsi des expressions faciales essentielles pour entrer en relation. La transparence de leurs corps contraste avec la solidité de leurs postures. Ils sont légers mais stables. Au cœur de ce groupe, ils sont à la fois détachés et ancrés, à la fois absents et physiquement présents.

Les œuvres de Lingzi JI nous offrent ainsi un regard sensible sur la nature complexe de nos relations. Elles nous renvoient à l'harmonie qu’il faut trouver entre l’être seul et l’être-ensemble. 

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Sur le grand mur de la salle à manger, elle a disposé une constellation de petits personnages en papier. Ces personnages, Lingzi JI les a d’abord observés dans les squares et les rues fréquentées de Paris, puis a cherché un point de vue en hauteur pour les photographier.  Elle a ensuite dessiné chaque protagoniste présent sur ses clichés, les a peints à l’eau dans la pure tradition chinoise, les a découpés, puis les a disposés à l'extrémité d’aiguilles piquées dans le mur pour recréer ces scènes à échelle réduite. 

L’installation « les uns avec les autres » suggère un paysage chinois, dans lequel l’homme paraît tout petit dans l’environnement. La composition en relief donne vie à cet ensemble, les protagonistes semblent se déplacer sur ce mur blanc et vide. L’artiste représente l’équilibre subtil et nécessaire pour entrer en relation : celui du mouvement et de la prise de recul. Leurs flâneries, leurs empressements, leurs discussions et leurs attentes, sont autant de postures qui nous ressemblent et dans lesquelles nous nous retrouvons. La lumière latérale, qui entre par la fenêtre, double leurs gestes d'ombres qui se dessinent en contre-jour. Ces ombres sont les reflets flottants de leurs actions, elles sont ce que l’on ne veut pas voir ou ce que l’on veut cacher, elles sont la part de mystère que recèlent toutes les relations humaines. 

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